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Erasmus+

Interview d'un représentant masculin d'une association qui oeuvre pour obtenir les mêmes droits que les mères ou femmes

Par SANDRINE DURRIEU-DECAP, publié le dimanche 3 février 2019 13:53 - Mis à jour le jeudi 7 février 2019 23:14
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Résidence alternée, coparentalité et droits des enfants lors des divorces.

        
Résidence alternée: un modèle de coparentalité à envisager lors des séparations?

 

       Dans le cadre du projet ERASMUS du lycée Paul Mathou, il a été demandé aux élèves qui travaillent sur la thématique Egalité Homme-Femme pour la mobilité au Portugal d'interviewer un représentant masculin d'une association qui se bat pour obtenir les mêmes droits que les mères ou femmes.
L'interview n'étant pas matériellement possible, les élèves ont réalisé un questionnaire et l'ont soumis à deux associations qui luttent pour l'égalité parentale dans les cas de divorce. Il s'agit, d'une part, de SOS Papa (Ariège) représentée par M. Vranckx et, d'autre part, d'Égalité Parentale, dont l'interlocuteur est M. Navard du Loiret (41).
 
       Ces deux associations ont des objectifs communs, en dépit de leur différence de taille (Égalité Parentale a une cinquantaine d'adhérents alors que SOS Papa, la plus influente et importante en France et en Europe, en compte environ 15.000 ), toutes deux oeuvrent à porter aide aux pères en difficultés, lors d'un divorce ou d'une séparation, à faire respecter les droits de chacun de manière impartiale, à faire évoluer l'égalité parentale, à régler les conflits familiaux à l'amiable et surtout à protéger les enfants.
      Pour M.Vranckx comme pour M. Navard, leur implication dans leur association respective est purement bénévole. Ainsi, M. Navard s'occupe de gérer le secrétariat et plus particulièrement la boîte mèl de son association.Quant à M. Vranckx, il est l'un des 24 délégués départementaux de SOS Papa. De même, c'est suite à un divorce conflictuel qu'ils ont intégré, pour l'un SOS Papa en 2004 et pour l'autre, Égalité parentale en 2014.
         Dans les deux cas, alors que la Loi sur l'Autorité Parentale du 4 mars 2002 officialise la possibilité d'accorder la résidence alternée, le père en a fait la demande mais la mère l'a refusée, et finalement le Juge aux Affaires Familiales (JAF) l'a écartée au profit de la garde exclusive à la maman, en mettant en avant le modèle familial français traditionnel: le modèle matriarcal du 19ème siècle où la femme-mère doit gérer les enfants et le foyer, pendant que l'homme-père doit travailler et ramener de l'argent à la famille. Pour les deux représentants associatifs bénévoles, cette conception de la cellule familiale, dépassée et arriérée, est toujours d'actualité au 21ème siècle dans un pays républicain qui prône l'égalité et en outre, elle se trouve en totale contradiction avec le droit des femmes à développer leur vie personnelle et professionnelle et avec celui des pères à exercer pleinement leur devoir parental. Pour comparaison, la résidence alternée représente 80% du modèle familial dans les pays nordiques, tels que la Suède, facilité par le monde du travail et de l'entreprise plus adapté à ce nouveau modèle familial.
     De plus, beaucoup de professions libérales et de services rattachés à la justice enveniment ces conflits parentaux car ils en vivent et n'ont aucun intérêt à favoriser leur résolution. Ainsi, environ 80% des avocats vivent du divorce et maintenir le conflit entre parents est pour eux une source lucrative. Pour M. Vranckx, une solution pour réduire ce "conflit d'intérêt" serait par exemple de fixer forfaitairement la rémunération de l'avocat qui n'aurait plus aucun avantage à ce que l'affaire perdure et de généraliser la résidence alternée dans les tribunaux pour le bien de l'enfant, comme c'est le cas en Belgique, pays dont M. Vranckx est originaire, qui favorise la coparentalité, lors des divorces, en optant pour une résidence alternée par défaut!
    Un dernier éceuil à l'application de la garde alternée, selon le représentant d' Égalité Parentale, est le pouvoir qu'exercent les associations extrémistes féministes qui défendent uniquement le droit des femmes et non l'égalité homme-femme.
   Concernant les enfants et leur choix de résidence, depuis que la France a signé la déclaration internationale des droits de l'enfant, tout enfant, quel que soit son âge et s'il en fait la demande, doit être entendu selon son degré de maturité. Souvent, le JAF délègue un psychologue spécialisé pour procéder à cet audition et se basera sur son rapport pour prendre sa décision. Dans les faits, les JAF entendent les enfants entre 10-13 ans. Quoi qu'il en soit, jusqu'à sa majorité un enfant ne pourra jamais décider de lui-même, le juge ayant seul le pouvoir absolu de décision à sa place et à celle de ses parents. M. Vranckx déplore également le fait que la justice ne poursuive pas les non-présentations d'enfant, ni ne prenne de dispositions pour lutter contre l'éloignement géographique volontaire, laissant le parent détenteur de la résidence principale libre d'agir comme bon lui semble, et ce, au détriment de l'intérêt des enfants.
Finalement, ce que M. Navard regrette dans la multiplicité des associations en faveur de l'égalité parentale (SOS Papa, Violette Justice, Réseau Colin Bagnard...), c'est leur manque de cohésion et donc, une perte d'efficacité dans leur combat pour l'égalité des droits parentaux et le bien -être des enfants.
 
Article rédigé par Magali Barré (2nde 3), Lorie Baqué (2nde 2) et Maxime Guilhempéré (2nde 5).